mars 2017

Recension de deux ouvrages très différents.

La revanche du manant

On connaissait Pierre Guelff journaliste engagé et écrivain à l’affût de mystère. On connaissait son goût pour la recherche et la récolte d’informations précises, notamment d’informations historiques et géographiques. Il n’a pas failli à sa réputation dans cette nouvelle œuvre. Le cadre dans lequel il situe la vie de son héros est très documenté et très évocateur de la vie de cette fin du premier millénaire.

Pierre Guellf s’est servi de ce cadre romanesque pour faire apparaître la vie étonnante d’un manant qui s’est élevé au-dessus de sa condition, évoquer la façon dont le mystère et le sacré (ses thèmes favoris) pouvaient influencer la société de l’époque et la façon dont les autorités (religieuses et judiciaires) tenaient le haut du pavé face au peuple

L’intérêt du roman réside dans l’intrigue, bien entendu, mais surtout dans le contexte, le cadre historique, géographique et social où elle s’intègre. Il semble que ce soit là le but premier de Pierre Guelff, faire passer à travers l’Histoire et à travers une histoire particulière des considérations générales sur la société de l’an mille - et sur la nôtre par la même occasion, qui n’en diffère pas tant que ça - à propos des possibilités et des limites de l’individu face à la société.

Une peau à soi

Claire Mathy aborde ici différents types de handicaps, la façon de les vivre et d’y faire face. Elle nous présente le drame d’un garçon de dix-sept ans, grièvement brûlé, plongé dans un coma artificiel, qui en émerge peu à peu et qui doit apprendre à vivre dans ce corps abîmé. Souffrances physiques mais aussi psychologiques de Maximilien, appréhension de l’avenir, des relations avec les autres, de la possibilité d’envisager un métier…

Nous suivons la progression de sa re-naisssance au cours des semaines, avec l’aide du corps médical, bien sûr, mais aussi de ses parents, famille et amis. Cela ne se fait pas sans mal et sans remous car la vie doit se rééquilibrer en fonction de nouvelles données. Il faudra dénouer certaines tensions entre ses parents et lui.

L’auteur aborde d’autres handicaps, comme celui de la surdité de Melody, l’amie de l’adolescent, qui a appris à lire sur les lèvres, qui pratique le langage des signes et qui vit sa situation avec courage et avec le sourire.

La notion de handicap est très relative. Un entendant dans un peuple de sourds serait, lui, le handicapé, car il n’entendrait rien au langage des signes et serait interdit de communication. En fait, le handicap est surtout ressenti comme une différence.

Claire Mathy, ex-infirmière, fait preuve de beaucoup d’humanité et de bienveillance dans ce récit, plein de sensibilité et de force d’optimisme