Besoin d’espace

BESOIN D’ESPACE PHYSIQUE ET PSYCHIQUE. BESOIN DE LIBERTE

Français, flamand, est-ce bien le problème ?

A la lecture de votre envoi, je me sens désolée de voir que des gens adultes et responsables, chargés de gouverner un pays, n’arrivent pas à s’entendre pour le bien du pays qu’ils sont en charge de gouverner et butent sur des détails, dont on se fait un monde.

Ces stupides problèmes linguistiques, dont les politiques font des gorges chaudes dans le seul but, n’en doutons pas, de se faire mousser et de se propulser à l’avant-scène, ces problèmes linguistiques n’en sont pas pour la majorité des citoyens. Un peu de bonne volonté et tout s’arrange. Mais il faut le vouloir.

Comme beaucoup de Belges, j’ai des racines des deux côtés. Et même des racines françaises par-dessus le marché. Mais, si je suis francophone parce qu’on a toujours parlé français chez moi, je ne méprise ni la langue ni la culture des autres Belges.

Je n’aime pas la politique, qui est surtout affaire de gros sous et de pouvoir personnel, mais très peu de bon sens et de sens des responsabilités vis-à-vis des électeurs, qui leur sont livrés pieds et poings liés et dont on respecte très peu les choix électoraux - malgré le beau nom de partis démocratiques dont s’affublent les partis qui monopolisent le pouvoir au détriment de certains partis dits non démocratiques... parce qu’on les juge intolérants !

Qu’on soit d’accord ou pas avec eux, ces partis représentent aussi le peuple et, à ce titre, devraient avoir droit au chapitre, comme les autres. J’appelle ça une démocratie à deux vitesses, on écrème parmi les électeurs ceux qui seront représentés.

Ce n’est qu’un autre volet de l’intolérance, toujours lié au pouvoir, qu’on a peur de perdre. Le bon sens serait que chacun puisse parler sa langue librement et connaisse suffisamment la langue de l’autre pour se débrouiller dans la vie courante. Avec obligation d’une connaissance plus pointue concernant le métier pour les avocats, médecins, soignants etc., de façon à pouvoir communiquer, ce qui est la raison d’être d’un langage.

Personnellement, en tant que bruxelloise, c’est le sort de Bruxelles qui me préoccupe. La région bruxelloise, qui existe sur papier, et qui se trouve enclavée géographiquement et politiquement dans une autre des trois régions, qui perd son indépendance effective en se trouvant pour ainsi dire prisonnière, phagocytée, alors qu’en principe, elle devrait être sur pied d’égalité avec les deux autres... et pouvoir jouir de son hinterland, comme n’importe quelle grande ville - au lieu d’être étriquée dans ses dix-neuf communes, avec une rallonge de six communes à facilités. On a rallongé la jupe, mais elle est toujours trop courte !

La région bruxelloise, qui génère de gros profits mais n’en retire pas de bénéfices puisque les impôts sont prélevés dans le lieu de résidence et non dans le lieu de l’emploi et que d’innombrables navetteurs viennent lui souffler les emplois sous le nez, lui laissant la joie de gérer les innombrables chômeurs et autres qu’elle est forcée d’accueillir !

Bruxelles étouffe sous trop de choses, la vie y devient impossible, entre les exigences flamandes, les pressions étrangères de tout poil, l’encombrement, les agressions, la saleté...

A quand une Bruxelles épanouie, élargie, libérée et pouvant se gérer seule, sans devoir en référer à d’autres ? L’idéal serait peut-être la confédération ? Quatre régions, car il ne faut pas oublier les germanophones, quatre régions qui s’assumeraient en bien comme en mal. Ce ne serait peut-être pas facile pour tous mais ne vaut-il pas mieux vivre pauvre et libre que riche et contraint ? Je pense que si.

Rien n’est pire que les entraves, d’où qu’elles viennent. On a besoin d’espace physique et psychique, on a besoin de liberté.

Isabelle FABLE

Date de parution : 30/04/2010 - sur le Forum de la Ligue wallonne