Femmes en souffrance (extraits)

Laminoir

femme qui rouille
et se verrouille
au hamac de ses illusions

amour passé au laminoir
du temps qui passe
et qui repasse

sucre impalpable des secondes
agglutinant la vie
en flocons charbonneux

Les doux amers

les doux amers de nos émois

perchés sur les montagnes russes
et les casse-tête chinois

passent nos coeurs au bleu de Prusse

femme en cascade

qui décroche
et se fracasse

et se croustille
sur les écueils
et les éclipses
de la vie

Ecuelle éculée

harponné
le sourire étriqué d’un bonheur
fugitif
élastique à craquer

écuelle éculée que l’on brise au talon

l’amour se rêve et se décline à deux
et je ne suis plus qu’une

Sanguine

nuit sanguine
à l’ancre noire
dans un coeur à marée basse
tout écrevissé de crabes

corde prête
à la tangente
de l’oubli définitif

Le fusil épaulé

bottes
matraque
et coups de trique

sommaire
la voix rauque

et les hommes s’alignent
devant le mur criblé

le fusil épaulé

s’écroulent en silence

et le sable rougi
boit les sanglots meurtris
des mères inutiles

Violée

l’enfant dansait d’un pied sur l’autre en triturant son tablier

l’homme approcha regard salace personne n’entendit les cris

et la petite est morte sous son tablier