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Les voies d’Éros

Nouvelle érotique écrite en 2013

Éditée dans le recueil des lauréats du concours de nouvelles organisé par Edilivre (Anthologie de la nouvelle érotique) en 2013

Et publiée également en solo sous le titre Les voies d’Éros chez Edilivre en octobre 2013

Evelyn était une parfaite oie blanche, témoin de ce qui se faisait de mieux dans la première moitié du siècle dernier. Elle ignorait tout de l’anatomie et du fonctionnement de la gent masculine. Mais un jour, une occasion se présenta, et comme elle était amoureuse, elle se laissa tenter.

Présentation

Amoureuse en toute bienséance, Evelyn ne se permettait que quelques baisers volés, quelques caresses plus furtives qu’osées, et s’en satisfaisait pleinement. Mais le jour où son cher Anthony se retrouva à l’hôpital pour une petite opération, elle y vit l’occasion d’un rapprochement. Elle allait le veiller…

Extrait

Evelyn était une oie blanche de la plus belle eau, pur produit de ce qui se faisait de mieux dans la première moitié du siècle dernier. Élevée en coquille d’œuf entre milieu bourgeois de bon aloi et institut de nonnettes de qualité, elle ignorait tout de ce qui se passait au cœur intime de la gent masculine.
Éros l’aurait-il oubliée ?
Les hommes demeuraient pour elle nimbés d’un troublant mystère. De leur précieux appendice, elle ne connaissait que des zizis d’enfants entraperçus et les sexes au repos des statues. Ni frères ni cousins ni copains dans sa classe de filles de Marie, personne pour la mettre au parfum. Une saine curiosité l’avait amenée à chercher des informations pertinentes. Mais ses lectures étant soigneusement filtrées, elle n’avait trouvé d’autres sources que le petit livre vendu au fond de l’église, intitulé Qui me dira la vérité ? Piètre moisson. Celui des filles ne lui avait pas apporté grand-chose. Quant à celui des garçons, il était à peine plus explicite, grand producteur de mots savants mais sans illustration du propos. Elle connaissait la théorie du processus, mais n’avait pas percé le sens des mots et n’imaginait pas à quel point ce sexe pouvait être farceur.

Et voilà qu’un jour, Evelyn tombe amoureuse. En tout bien tout honneur, ainsi que prescrit par son éducation de jeune fille convenable. Quelques sorties, quelques baisers volés, quelques caresses plus furtives qu’osées… Rien de bien méchant. Et notre Evelyn n’en demandait pas plus, dressée dès l’enfance à se garder blanche oie jusqu’au mariage. La curiosité avait été remisée et elle ne songeait pas à la satisfaire dans l’immédiat. L’amour devait rester théorique jusqu’à l’âge requis…

Et voilà qu’un autre jour, l’ami aimé doit se faire opérer. Grande inquiétude romantique pendant l’opération, ses pensées sont avec lui sur la table entre les mains du chirurgien et elle n’a qu’une idée, le rejoindre à l’hôpital, lui rendre visite, en tout bien tout honneur, bien entendu, fidèle à sa réputation. Il est très heureux de la voir arriver, de se faire cajoler, embrasser, plaindre et dorloter comme il se doit. Bien sûr, il est couvert d’un drap et ni l’un ni l’autre ne pense à autre chose. Quoique…